COVID-19 : La crainte de la deuxième vague


Il y a deux ans, le fameux #PasDeVague prenait de l’ampleur sur les réseaux sociaux, suite au « braquage » d’une professeur de collège par l’un de ses élèves. Les profs en ont profité pour exprimer leur colère sur tous les sujets qui les touchent de près, et sur lesquels il leur est plus ou moins demandé de ne pas faire de bruit. Depuis, si le mouvement s’est logiquement fait plus discret – eh oui, ces salauds d’profs, quoiqu’on en pense, finissent toujours par faire ce qu’on leur demande, en se contentant de grogner dans leur coin – on voit encore régulièrement ce hashtag refaire surface à l’occasion de faits ponctuels plus marquants que la moyenne, montrant au passage que les problèmes alors dénoncés n’ont jamais été résolus.

Aujourd’hui, et alors qu’on nous l’a promise des mois durant sans qu’on y voit le bout de la queue, c’est la #DeuxiemeVague qui semble tous nous préoccuper. Celle du covid-19. Elle est la raison pour laquelle notre cher Manu devrait annoncer ce soir un nouveau confinement, certes moins strict que le premier.
Mais si elle n’inquiète en réalité pas tout le monde sur le plan sanitaire, elle est bien dans tous les esprits : radio, télé, journaux, réseaux sociaux, sujet de conversation à la machine à café et dans les bars encore ouverts, etc. Que ce soit la crainte de cette deuxième vague, la consternation face à l’action du gouvernement, le doute, ou encore la réfutation de son existence présente ou future, le fait est que tout le monde en parle.

Que faut-il alors en penser ? Sommes-nous actuellement en pleine deuxième vague ? sur le point de nous la prendre en pleine figure ? gouvernés par la peur et victimes d’une pure invention ?
Voici quelques éléments de réponse…

Nota Bene : je ne parlerai ici que du cas de la France


Sommaire


Qu’est-ce que la deuxième vague ?

Comme dans bon nombre de débats, il se trouve que tout le monde n’a pas la même définition. Ni la même sensibilité. Ce qui débouche inévitablement sur des discordances insolubles. Et la réalité est qu’il n’existe pas de consensus établi à ce sujet. Ne serait-ce pourtant pas le rôle des médias et du gouvernement que de tenter de clarifier la situation, plutôt que de maintenir (volontairement ?) un grand flou artistique ?

M’enfin…

Pour les uns, une deuxième vague correspond simplement à une résurgence du nombre de cas. Sans distinction aucune. Cela semble d’ailleurs être le cas de plusieurs « médias » que je qualifierais de « putaclic ». On trouve même la courbe du nombre de cas quotidiennement détectés, du 29 février au jour de la recherche, en première page sur Google lorsqu’on cherche « covid 19 », montrant l’exceptionnelle augmentation récente du nombre de cas, qui ridiculiserait parfaitement la première vague :

Ceux qui pensent comme cela ne font pas montre d’une grande capacité de réflexion. En revanche, certains font la distinction entre cas « simple », cas grave et décès, ce qui est déjà plus pertinent.
Pour les autres, une deuxième vague correspondrait plutôt à une résurgence importante, significative, du nombre de cas. Généralement, ceux-là distinguent, à raison, cas « simple », cas grave, et décès.

Mais cela ne résout en rien le problème : à partir de quel moment l’augmentation du nombre de cas devient significative ? Sur quel critère objectif peut-on se baser ? À partir d’un certain pourcentage de la population ? Dès lors que la courbe des décès présente un rebond à vue d’œil ? À partir d’une certaine proportion de la première vague ? Proportion de quoi ? de contaminés ? d’hospitalisés ? de décès ?

Pas de réponse claire et précise, ce qui n’empêche pas grand monde d’y aller de son petit commentaire tranché.
Il semble bien que les professionnels de santé s’accordent à dire que, dans le cadre d’une épidémie, ce qui importe c’est notamment (pas que, mais essentiellement) le nombre de cas graves (hospitalisations et réanimations) et le nombre de décès. C’est d’ailleurs pour cela qu’on ne parle pas d’épidémie de rhume, qui circule pourtant beaucoup.
Dans le même temps, le nombre de « nouveaux cas » est brocardé quotidiennement de manière alarmiste par tous les médias ainsi que ce gouvernement qui aime à faire peur. Ce qui a pour conséquence de, au mieux, de semer le trouble dans les esprits et, au pire, de faire paniquer la population. Du moins ceux qui y croient.

À ce sujet, je vous invite fortement à écouter Franck Lepage dans l’émission Interdit d’interdire, notamment s’agissant de la communication :


Petite digression impromptue

À titre personnel, j’y vois une manœuvre électoraliste : à un an et demi des élections et après avoir été inquiété par les Gilets Jaunes et malmené par la grogne contre la réforme des retraites, la gestion ferme d’une crise sanitaire (qu’ils associent, d’après moi sournoisement, au fameux sujet de l’islam qui fait toujours son petit effet) peut s’avérer salvatrice pour ce gouvernement.

Source : NDPDCC

D’abord, faire peur à la population en exagérant les dangers d’un risque sanitaire réel et existant, puis imposer des mesures drastiques – détestées par des opposants déjà détestés par les électeurs, ce qui ne fait que renforcer leur soutien inconditionnel – par souci de sécurité sanitaire. Ce n’est pas sans séduire les nombreuses personnes pour qui la santé est primordiale.

Ensuite, prendre soin de rejeter la faute sur une partie de la population (qui ne fait déjà pas partie de ses électeurs), tout en faisant habilement oublier leur (énorme) part de responsabilité quant à l’entrée et la propagation du virus sur le territoire (coucou les frontières grandes ouvertes, le manque de masques qui ne servent à rien, ou encore la participation à la destruction de l’hôpital public).
Enfin, sortir de son chapeau de l’argent magique et offrir des aides financières – que nous paierons tous tôt ou tard, directement ou indirectement – à la pelle et venues de nulle part pour montrer qu’ils font le maximum pour soutenir tous ceux qui sont économiquement impactés par les mesures sanitaires prises.

On pourra d’ailleurs noter que, malgré la fermeté des mesures liberticides prises (mais qui pourraient certes être pire), le gouvernement a joué un double jeu de par sa communication, que l’on pourrait parfois qualifier d’« encouragement à la propagation », s’inscrivant dans ce que je viens de dire : Buzyn qui annonce que le reste que l’épidémie vienne en France était faible, Manu et Brigitte qui invitent les français à sortir quelques jours avant d’annoncer le confinement, les masques qui ne servent à rien, le Premier Ministre de l’époque et le secrétaire d’État actuel qui incitent la population à partir en vacances, etc. Ce qui semble corroborer mon hypothèse d’un plan établi. À moins qu’il ne s’agisse que de pure incompétence.

M’enfin, revenons à notre sujet.


La réalité des chiffres

Penchons-nous alors sur ces chiffres. Quels sont-ils et que valent-ils ?

D’abord, parlons de ces fameuses dizaines de milliers de nouveaux cas quotidiens, avec par exemple plus de 52 000 nouveaux cas enregistrés ce dimanche 25 octobre.

Nouveaux cas ? Nouveaux cas de quoi ? de covid-19 ? Eh bien c’est ce que l’on croit lorsqu’on écoute, lit, ou regarde les informations. Car ce n’est que très rarement précisé. Cela nous paraît donc évident, mais c’est trompeur. Et c’est volontaire. À moins que ce ne soit à mettre uniquement sur le compte de la bêtise, je ne sais pas.
En réalité, il s’agit du nombre de tests qui se sont révélés positifs. La différence avec le nombre de malades ? Oh, si peu…

Pour comprendre il faut s’attarder sur ces tests. Dans la grande majorité des cas, il s’agit de tests RT-PCR. Qui sont fiables – plus, pour le moment, que les tests sérologiques (raison pour laquelle ces derniers sont relativement peu pratiqués) – contrairement à ce que l’on peut se laisser entendre dire ici et là.
En effet, même s’il existe inévitablement et réellement quelques faux-positifs (terme souvent utilisé par abus de langage à d’autres fins) et faux-négatifs, il s’avère que ce test détecte si le sujet est porteur d’un fragment d’ARN correspondant à celui du virus SARS-CoV-2. L’ARN étant en quelque sorte la carte d’identité du virus. Autrement dit, sur un sujet positif, on trouve des traces de virus. Des traces. Parfois en quantité tellement faibles, que la personne n’est pas ou plus contagieuse.
C’est d’ailleurs le point de détail le plus important au sujet des tests, et qui ne semble pas se régler : quel est le seuil de « port du virus » à partir duquel on est contagieux et/ou susceptible de tomber malade ? Puisqu’il faut préciser qu’être porteur du virus (en l’occurrence SARS-CoV-2) n’implique pas nécessairement le développement de la maladie (en l’occurrence covid-19).

Ainsi, parmi tous les fameux « nouveaux cas » brandis en fanfare par les médias, on amalgame à la fois des cas guéris (et qui n’ont peut-être jamais développé de symptômes), des cas non contagieux, des cas asymptomatiques, des cas peu symptomatiques, des « vrais » malades, et des cas sévères.
Quel est alors le réel nombre de nouveaux cas de maladies (y compris en comptabilisant les porteurs sains) ? On ne sait pas. Et vraisemblablement, les médias s’en fichent pas mal tant qu’ils parviennent à surfer sur le buzz des soi-disant records de faux « nouveaux cas » battus. Se pencher sur les statistiques d’hospitalisations n’aidant pas puisque, s’il permet de rendre compte des cas graves (ce qui est important pour appréhender l’épidémie), il ne permet pas de connaître le nombre de porteurs sains et contagieux.

Et après ?

Penchons-nous désormais sur l’état actuel de quelques chiffres qui importent, contrairement à ceux que l’on nous rabâche.

Voyons par exemple, en bleu, la courbe des décès journaliers, du 21 février à hier. Vous pouvez observer en orange la moyenne sur 7 jours glissants, ce qui permet d’observer l’évolution du nombre de morts en lissant la courbe.

Fait par mes soins, données prises sur coronavirus-statistiques.com

Ainsi, on constate bien ce qui ressemble à un rebond. Il faut cependant noter quelques choses :

  • La moyenne actuelle du nombre de morts sur 7 jours glissants (237) est plus de 4 fois plus faible que celle au pic de la maladie (972, le 7 avril) ;
  • Ce pic avait été atteint très rapidement et un calcul de pente permet de dire que chaque jour, entre le 18 octobre et le pic, voyait 41 décès supplémentaires par rapport au précédent ;
  • Comparativement, avec le même calcul, l’évolution depuis le « retour » des décès (11 septembre, comme de par hasard) est de 4,5 (autrement dit, chaque jour voit 4,5 décès de plus que le précédent), tandis que si on effectue ce calcul à partir du moment où le nombre de décès semble s’accélérer (18 octobre), on obtient 14,5 (donc chaque jour voit 14,5 décès de plus que le précédent).

Il paraît donc assez difficile de tirer des conclusions certaines.

Il serait tentant de dire que la deuxième vague est une affabulation car, par exemple :

  • Le nombre de cas (parmi lesquels de nombreux « faux cas ») a fortement augmenté car on s’est mis à tester en masse (à nos frais, au passage) ;
  • Malgré une légère hausse récente du nombre de décès, le nombre de morts reste très faible comparativement à la première vague :
    • Environ 4 fois moins en comparaison des pics, soit environ 25% de celui de la première vague ;
    • Environ 12 fois moins que le cumul des morts de la première vague, soit 8% de celle-ci.
  • Cette hausse est incomparable à celle de la première vague tant elle est lente à se dessiner, tandis que la première fut exponentielle.

Il serait aussi tentant de dire que la deuxième vague est effectivement en train de se présenter à nous car, par exemple :

  • Le taux de positivité aux tests est en augmentation depuis quelques temps, montrant que le virus circule davantage ;
  • On ne peut que constater une hausse nouvelle du nombre de décès ;
  • Les principaux pics de mortalité ont eu lieu pendant le confinement (du 17 mars au 11 mai), alors même que les seuls chiffres de la mortalité ne laissaient rien présager de cela.

Cela nous amène à deux autres indicateurs : les hospitalisations et les patients en réanimation.
En effet, si l’écrasante majorité des décès a eu lieu pendant le confinement, c’est bien parce que les hôpitaux étaient saturés en amont, et ne pouvaient faire face. C’est donc aussi la raison pour laquelle nous aurons droit ce soir à une annonce présidentielle concernant un nouveaux confinement.

Voyez plutôt :

Le premier graphique montre l’évolution du nombre de patients hospitalisés tandis que le second montre celle du nombre de patients en réanimation. Et là, pas besoin de commentaires : les hôpitaux sont à nouveau sous tension (déjà que ce n’était pas la joie avant cette épidémie).

Conclusion

La question de la deuxième vague est une pure question de sémantique. Voire, pour certains, de branlette intellectuelle.

La réalité est que nos dirigeants, quelle qu’en soit la raison (même si j’ai ma petite idée, comme vous l’avez lu), gouvernent actuellement par la peur. Ou par l’incompétence. Ou par un beau mélange des deux.
La réalité est aussi que cette épidémie inquiète car nos hôpitaux ne sont pas prêts à faire face. Ils n’étaient pas prêts avant, et ne sont pas plus prêts maintenant. Et ces dirigeants qui se comportent publiquement en sauveurs ont alors du sang sur les mains.

Oui, il faut faire attention avec ce virus bien plus létal que la grippe, par exemple, contrairement à ce que certains partageaient fièrement sur les réseaux sociaux à l’époque où il se propageait loin de nos terres. Il ne faut pas oublier que nous nous étions moqués des chinois, puis de l’Italie, avant que cela ne nous arrive en pleine poire. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour s’arrêter complétement de vivre.

Mais il nous faut raison garder. Cette maladie aurait tué aujourd’hui moins de 36 000 personnes, soit environ 0,0005 % de la population française, dont l’âge médian est de 84 ans (ce qui signifie que la moitié des morts avaient plus de 84 ans, et l’autre moitié avait moins de 84 ans, à ne pas confondre avec l’âge moyen), ce qui est plus que l’espérance de vie en France (82,5 ans) ! Chiffre triste, certes, mais assez dérisoire et qui ne semble globalement pas entraîner de surmortalité particulière. Et cela sans même parler du fait que toute personne décédée dont il aura été décelé qu’elle était porteuse de ce virus est comptée dans les statistiques.
Normal me direz-vous. Eh bien non. Dans de nombreux cas le covid n’a été qu’un catalyseur dans la mort de l’individu. Un facteur aggravant si vous préférez. Mais pas nécessairement la raison première de la mort. D’où le fameux « comorbidité » que vous avez probablement déjà entendu.

Ce sont des mesures ciblées sur l’ensemble des personnes à risques (personnes âgées, personnes présentant d’autres maladies, etc.) qu’il faudrait mettre en place, plutôt que de gaspiller du temps et de l’argent avec des tests dont l’utilité est réduite et les résultats trompeurs, ou encore imposer un couvre-feu inutile puis un confinement dont les conséquences économiques, sanitaires (il n’y a pas que le covid qui tue, loin de là) et sociales potentiellement désastreuses.

À bon entendeur.


Mise à jour du 5 novembre : Dans la continuité de cet article, je vous invite à visionner le débat d’Interdit d’interdire, « COVID-19 : La tragédie est-elle en train de virer à la farce« , entre Pacôme Thiellement, Audrey Vernon, Emmanuelle Gave, et Antoine Buéno :


Sources

Liste non exhaustive et quelques liens :


Le Répurgateur

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