Par ordre alphabétique (titre)


1984
George Orwell
(Roman dystopique – 1949)

Pourquoi le lire ? Parce qu’il s’agit d’une fiction incontournable et intemporelle, qu’il s’agisse de littérature ou de politique. Orwell place son personnage dans un régime totalitaire et permet de concevoir une forme de dictature. C’est d’ailleurs à ce roman que l’on doit le fameux « Big Brother ».
Conseil : préférer la traduction d’Amélie Audiberti (plus ancienne) à celle de Josée Kamoun (plus récente).

Pourquoi s’en méfier ? Parce qu’on s’en sert à tort et à travers pour justifier certains propos. Ce n’est donc absolument pas du livre dont il faut se méfier, qui est un roman de fiction, mais bien de ceux qui le brandissent comme argument imparable, parfois sans réfléchir.


Eoliennes, la face noire de la transition écologique
Fabien Bouglé
(Essai – Editions du Rocher – 2019)

Pourquoi le lire ? Parce qu’il dénonce l’inefficacité des éoliennes dans la lutte contre le réchauffement climatique, voire leur nocivité. Ce à quoi il faut ajouter les enjeux économiques et écologiques liés à leur fabrication et leur implantation. Certains points abordés se doivent d’être portés à la connaissance de tous.

Pourquoi s’en méfier ? Parce que les analyses manquent globalement d’impartialité et que les chiffres avancés, par ailleurs exacts, manquent cruellement de mise en perspective et de comparaisons pertinentes.


Indispensable

Fabriquer un Consentement – La gestion politique des médias de masse
Noam Chomsky et Edward Herman
(Essai – Investig’Action – 1988 / 2018)

Pourquoi le lire ? Parce qu’il est indispensable ! Il s’agit probablement du livre le plus fondamental sur la critique des médias de masse. Il démontre avec précision que ces derniers sont en réalité un instrument de propagande extrêmement bien rôdé. Herman et Chomsky y établissent un modèle de propagande qui repose notamment sur cinq filtres au travers desquels passe l’information avant d’être publiée. Ils s’appuient ensuite sur différentes études de cas afin de prouver le fonctionnement de leur modèle : les différences de traitement selon le type de « victimes », les élections dans le tiers monde, le complot ayant visé Jean-Paul II, et les guerres d’Indochine. Si cet ouvrage captivant ne s’intéresse qu’aux médias US et date de 1988 (il n’avait eu droit, jusqu’en 2018, qu’à des traductions volontairement tronquées ou bâclées), il permet d’aider à comprendre certains aspects et modes de fonctionnement de nos propres médias, à notre époque.

Pourquoi s’en méfier ? Parce que l’ouvrage date de 1988 et traite des médias uniquement américains. Si cela n’est pas synonyme de méfiance, cela implique néanmoins de la prudence quant aux comparaisons qui pourraient s’avérer hasardeuses. Aussi, l’ouvrage contient une très grande quantité de références à d’autres permettant d’étayer le propos : si cela était effectivement nécessaire afin d’éviter de publier un ouvrage de plusieurs milliers de pages, il conviendrait de lire aussi les ouvrages mentionnés sous peine de devoir croire les auteurs sur parole.


Grandeur du petit peuple
Michel Onfray
(Essai – Albin Michel – 2020)

Pourquoi le lire ? Parce qu’il retrace l’itinéraire des Gilets Jaunes, de leur source profonde jusqu’à leur « naufrage » (sic), en passant par leur soulèvement et leur évolution. Onfray y montre comment ce mouvement des GJ a été sali, poussé à la violence et récupéré par les syndicats et le partis politiques. Il permet de comprendre comment et pourquoi les choses ont évoluées ainsi, démontant au passage certains mythes médiatiques. Et ce au travers de chapitres courts, permettant des lectures ponctuelles et rapides. Fort des analyses qu’il contient, l’ouvrage permet de penser la postérité de ce soulèvement populaire, qu’il soit jaune ou non.

Pourquoi s’en méfier ? Parce qu’il a été écrit à la manière d’un carnet de bord et qu’on y trouve de facto des répétitions au fil de la lecture, qui pourraient éventuellement paraître comme étant là pour appuyer certains propos quand les arguments viendraient à manquer. Aussi, et ce malgré les différentes démonstrations factuelles exposées au fil du livre, le point de vue de l’auteur sur la situation est inévitablement prépondérant.


La Ferme des animaux
George Orwell
(Roman dystopique – 1945)

Pourquoi le lire ? Parce qu’il permet, au travers d’une lecture courte et amusante (c’est une fable animalière), de penser non seulement les dictatures modernes, mais aussi les révolutions : il ne s’agit que d’une passation lente du pouvoir. Les têtes et les procédés changent, mais celui-ci continue de s’exercer encore et toujours sur les mêmes : le peuple.

Pourquoi s’en méfier ? Parce qu’il ne s’agit que d’une fable, certes pertinente et criante de vérité, et qu’elle ne saurait être brandie à tort et à travers pour justifier tel ou tel propos. Ce n’est donc absolument pas du livre dont il faut se méfier, mais des hommes qui l’utilisent à leurs fins.


Les illusions économiques de l’Union Européenne
Charles-Henri Gallois
(Essai – Fauves éditions – 2019)

Pourquoi le lire ? Parce qu’il permet de démonter, point par point et au travers de chapitres concis, les arguments économiques que l’Union Européenne et ses aficionados propagent à longueur de temps. Les graphiques et les chiffres sont expliqués et mis en perspective. Il permet même, dans une moindre mesure, d’expliquer en quoi et comment notre appartenance à l’UE a un impact délétère sur l’économie française (et bien d’autres pays).

Pourquoi s’en méfier ? Parce qu’il a été écrit par un néo politicien, qui aspire au moment où j’écris ces lignes (mai 2020) à prendre la tête de l’UPR, et ne peut donc être impartial. Aussi, cet ouvrage est basé sur une conférence de plus de deux heures tenue en 2015 par le même auteur, et a été remise au goût du jour et étayée pour la sortie du livre. Vous pouvez donc vous orienter vers la conférence sur YouTube, moins étoffée et plus ancienne que le livre, mais gratuite.


Indispensable

Les luttes des classes en France au XXIème siècle
Emmanuel Todd
(Essai – Seuil – 2020)

Pourquoi le lire ? Parce qu’il s’agit d’un ouvrage très riche et stimulant, que je ne peux que vous recommander vivement, dans lequel Emmanuel Todd expose avec précision les résultats de ses minutieuses recherches sur l’évolution de la société française, de 1992 (Maastricht) à 2019. On y apprend par exemple que les inégalités en France, contrairement à la croyance populaire, n’augmentent pas significativement, mais que la population, dans son écrasante majorité, s’appauvrit. Ce qui explique notamment le soulèvement des GJ en 2018. Il y est aussi montré, grâce à une profonde analyse de la société française et son évolution, comment Macron a pu arriver « au pouvoir » en 2017. Les analyses sociétales de l’ensemble de l’électorat y sont par ailleurs très enrichissantes.

Pourquoi s’en méfier ? Parce que certaines interprétations, ainsi que la modélisation des catégories socioprofessionnelles (bien que très pertinente), relèvent de la subjectivité de l’auteur. Mais l’ensemble de l’ouvrage reste très factuel, minutieux et scrupuleux, avec un regard critique et professionnel sur les chiffres qui sont toujours mis en perspective.


Théorie de la dictature
Michel Onfray
(Essai – Robert Laffont – 2019)

Pourquoi le lire ? Parce qu’il permet de théoriser les dictatures, et ce de manière intemporelle. Pour ce faire, Onfray dégage 7 axes essentiels qui permettent, selon lui, d’établir une dictature : « détruire la liberté, appauvrir la langue, abolir la vérité, supprimer l’histoire, nier la nature, propager la haine, aspirer à l’Empire« . Il tire dans un premier temps les enseignements de La ferme des Animaux et de 1984, tous deux de George Orwell et qui permettent de penser deux formes de dictature, avant d’expliquer en quoi nous sommes, toujours selon lui, actuellement en dictature.

Pourquoi s’en méfier ? Parce qu’il ne s’agit que d’une théorie et que l’application de chacun des 7 axes de la dictature à notre situation actuelle, même si elle est détaillée dans l’ouvrage, est parfois sujette à caution.