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Qu’est-ce qu’on a fait au bon Donald ?


Élections américaines 2020 : quand les médias proclament le président


Sommaire

Introduction

Conclusion


Introduction

J’entends déjà les clairons sonnant la charge de la cavalerie de la bien-pensance : les anti-Trump. Et, quelque part, elle a raison.

Car cet article sera clairement « anti-anti-Trump ». Je précise : il est à charge contre ceux qui « détestent » Trump à tel point qu’ils en sont venus à soutenir Biden sans réellement savoir pourquoi (et uniquement ceux-là, cela ne concerne pas les anti-Trump qui ont réellement et sérieusement réfléchi à la question). Ou plutôt, à charge contre ceux qui fabriquent en masse ce genre d’opinions : les médias.
En effet, à en croire ce sondage (mais je l’ai vu aussi au quotidien dans mon entourage et sur les réseaux), il apparaît que 85% des français ont une mauvaise opinion de Trump (ça pas de problème, ça se comprend, même si 85 c’est beaucoup) alors que dans le même temps, nous trouvons que Biden, un type que l’on connaît à peine et qui est en partie responsable de l’arrivée de Trump au pouvoir (il a quand même été vice-président durant les 8 années précédentes !), nous apparaît quant à lui sympathique (à 68%), honnête (à 65%) et compétent (à 69%).
Comment ne pas voir là que les médias ont fabriqué notre consentement à Joe Biden ?

Ainsi, j’estime que lorsque l’on est tellement anti-Trump que l’on soutient quelqu’un que l’on ne connaît pas (ou peu) et qui a aussi des tares, la moindre des choses est de savoir précisément pourquoi. Et c’est là que ça pêche souvent.
À cause de cela, moi qui ne suis pas spécialement pro-Trump, je me sens obligé de venir le défendre.

Probablement que certains d’entre vous diront que je suis un soutien de Trump qui ne dit pas son nom, parce qu’il serait indéfendable. Je refuse pourtant de me soumettre à la vision binaire et manichéenne qui régit de plus en plus nos façons de penser.

Aujourd’hui, par exemple, si on est critique à l’égard de l’immigration alors on est un sale facho, tandis que si on l’est vis-à-vis des violences policières alors on est une gauchiasse.
Je caricature ? À peine. Il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux pour voir que ceux qui l’ouvrent le plus sont aussi les plus fermés à la discussion et les moins nuancés dans leurs propos.
Quand on a le malheur d’apporter de la nuance, alors le propos est souvent balayé d’un revers de la main et on est accusé de ne pas prendre parti, de décliner nos responsabilités, de vouloir laisser couler sans rien faire. Ce qui est parfois vrai : il n’y a qu’à voir comment les politiques se servent de la nuance pour éviter de se mouiller et de perdre une partie de leur électorat. Mais le fait est que la réalité est complexe, pleine de nuances. C’est seulement après avoir discuté avec tous les bords, après avoir nuancé, relativisé, et cherché toutes les données et informations possibles sur un sujet que l’on peut prendre une décision sereinement. Un compromis le cas échéant. N’est-ce pas ?

Le rapport avec le bon vieux Donald ? C’est simple.
Globalement, à en croire les médias et les justiciers de la bien-pensance sur les réseaux, tout le monde le déteste, sauf ses fervents partisans (amalgamés avec l’extrême droite en France).
Ainsi, si vous n’êtes pas – comme vous devriez l’être, monstre ! – anti-Trump, alors vous êtes de facto pro-Trump. Autrement dit, comme disait notre ami, feu Dark Vador, « si tu n’es pas avec moi, alors tu es contre moi ». Rhétorique courante chez les politiciens qui font appel à l’émotion pour rallier du monde à leur cause. On la retrouve par exemple chez le gentil George W. Bush (« soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes ») et la pacifique sénatrice de l’époque Hillary Clinton (« chaque pays doit être soit avec nous, soit contre nous »), à la suite des attentats du 11 septembre 2001.

On a eu le droit tout récemment à une nouvelle version de cet adage, et c’est signé le nouveau président américain Joe Biden répondant à un afro-américain qui lui posait des questions sur ce qui serait fait pour sa communauté en cas d’élection : « si vous avez du mal à savoir si vous êtes pour moi ou Trump, alors vous n’êtes pas noir ! ».

Mais ? Mais c’est raciste !? Et puis, il n’est pas encore président, non ?

Tout juste.


Un président proclamé par les médias

L’idée ici n’est pas de dire que Trump n’a pas réellement perdu ces élections. Ni qu’il y a eu fraude massive, expliquant cette défaite. Peut-être est-ce le cas (possible). Peut-être pas (probable). Quoiqu’il en soit, il s’avère aujourd’hui qu’il n’a pas remporté ces élections – il convient que les accusations de fraudes soient tôt ou tard prouvées pour dire le contraire – et qu’il joue sans doute la carte de la victimisation : « Gneugneu si j’ai perdu c’est parce qu’ils ont triché car je suis plus fort et vous le savez ». Ainsi, il donne de la force à ses électeurs et se fait passer pour une sorte de martyr.
À ce sujet, l’article Présidentielles US : Fraude électorale dans le Wisconsin ? Analyse d’une Fake News est intéressant.

Au moment où j’écris, Donald Trump vient d’ailleurs de donner, « dans l’intérêt de notre [leur] pays », son feu vert (que Biden n’avait pas attendu pour commencer à former son gouvernement, et qui ne constitue pas pour autant une reconnaissance de défaite contrairement à ce qu’on lit presque partout) à l’ouverture du processus de transition des administrations, tout en maintenant les recours en justice.

L’idée est en revanche de dénoncer le parti pris flagrant des médias qui avaient annoncé une large victoire de Biden avant l’élection, puis qui ont osé annoncer officiellement qu’il l’avait remportée, avant le recomptage dans les états clés, avant même la fin du premier décompte et alors que c’était mathématiquement encore jouable pour Trump. Sidérant. Et anormal.

Chronologie des faits :

  • Avant l’élection, les médias relaient les sondages américains donnant Biden largement vainqueur (53% contre 45% au 1er novembre, se traduisant par 232 grands électeurs pour Biden et 181 pour Trump, et 127 émanant d’états indécis) tout en précisant qu’il plane une certaine incertitude, comme pour signifier au lecteur qu’il faut rester sur ses gardes (BFM TV, Le monde, …).
  • Mardi 3 novembre, les électeurs américains sont appelés aux urnes.
  • Mercredi 4 novembre, c’est le bordel : Trump d’abord en tête, puis le comptage dans des États Républicains a été stoppé, laissant Biden passer devant dans la journée. À ce moment-là, rien n’est joué puisque, si la tendance dans tous les États dans lesquels le dépouillement est loin d’être terminé se poursuit, alors Trump serait élu.
  • Jeudi 5 novembre, quelques États passent à la faveur de Biden, confortant son avance. Tout se joue alors à rien dans les États-clés restant : notamment la Géorgie (écart final d’environ 12 000 voix et 3ème comptage actuellement en cours), la Pennsylvanie (écart final d’environ 80 000 voix) et le Wisconsin (écart final d’environ 20 000 voix).
  • Vendredi 6 novembre, les yeux sont braqués sur la Pennsylvanie, dont le résultat peu sceller l’issue du scrutin. Trump y a progressivement perdu son avance, ce qui s’explique notamment par le comptage des votes par correspondance qui sont dépouillés en derniers et sont majoritairement démocrates (Trump avait appelé ses électeurs à se déplacer et à éviter la correspondance, pas la peine de se lancer dans du complot là-dessus). Compte-tenu de l’avance de Biden, certains (La Croix) publient déjà des articles qui annoncent, à s’y méprendre, sa victoire.
  • Samedi 7 novembre, tout le monde annonce officiellement la victoire de Biden. Certains médias comme Le Figaro se contentent, plus prudemment, d’assujettir leur article à une information officielle émanant de l’Associated Press (ayant ensuite été reprise par les grands médias américains), quand d’autres comme Libération ou Marianne (malgré une présentation peu élogieuse de Biden dans cet article) le proclament carrément.

C’est donc officiel, puisque les médias l’ont décidé : Biden est élu président des États-Unis. Nique les recours en justice et les nombreuses suspicions de fraudes : tout cela n’est soit pas évoqué (un petit « Trump refuse d’admettre sa défaite » suffit), soit balayé en annonçant sans aucune explication (hormis quelques « fact-checking » pas toujours exacts et souvent partiaux dans leurs tournures, comme celui du Monde qui démonte, à raison, quelques rumeurs mais semble en omettre volontairement des plus sérieuses) que les accusations de Trump ne tiennent pas debout.

Source : NDKAA

Par la suite, ils ne se démontent pas. Au fur et à mesure que les recomptages sont effectués (compte-tenu du faible écart dans certains États, ils sont soit demandés par l’équipe de Trump, soit carrément automatiques) et que les recours en justice sont rejetés (ou que les procédures sont abandonnées faute de preuves suffisantes ou de preuves tout court), on voit fleurir des articles aux titres éloquents : « le décompte définitif conforte la victoire du démocrate Joe Biden » (le JDD, le 14 novembre), « la Géorgie confirme la victoire de Joe Biden, après un recomptage des voix » (Le Monde, le 20 novembre), « le recomptage des voix confirme la victoire de Joe Biden dans l’Etat clé de Géorgie » (Franceinfo, le 20 novembre), « La victoire de Joe Biden dans l’Etat-clé de Pennsylvanie à son tour certifiée » (20minutes, le 24 novembre).

Ainsi, tous ces médias caracolent avec leurs articles qui ne font que montrer qu’ils avaient raison, et qu’ils ont toujours eu raison, pendant que le grand méchant Trump refuse toujours sa défaite. Ce faisant, ils démontrent pourtant une chose importante : l’information qu’ils donnent depuis plusieurs jours n’était pas officielle, pas certifiée, et sujette à de possibles rebondissements.
Un exemple typique : dans un article du 20 novembre annonçant un futur 3ème comptage des voix en Géorgie, le média pourri par excellence Franceinfo nous dit que la victoire de Biden « ne fait que se clarifier de jour en jour ».

Source : NDKAA

Parce qu’avant ce n’était pas clair, du coup ? Par tout cela, ils montrent au grand jour leur manque de professionnalisme tout en pratiquant l’autosatisfaction, puisqu’ils ne s’étaient effectivement pas trompés dans leur annonce initiale. C’est fort.

La réalité étant que certaines procédures sont toujours en cours, comme l’admet difficilement Le Monde le 24 novembre, et que si celles-ci (tout comme les recomptages restants, comme en Géorgie par exemple) n’ont désormais plus aucune chance d’aboutir à une victoire de Trump, le fait est que ce n’était absolument pas le cas lorsque celle de Biden avait été annoncée par les médias. Ils avaient alors pris environ deux semaines d’avance.

Je précise ici que je m’attaque fondamentalement à la prise de position parfaitement partiale des médias. C’est pourquoi je ne parle pas de la critique une peu lourde (mais techniquement vraie) que j’ai vue ici et là : « le président ne sera élu que le 14 décembre, par les grands électeurs ». En effet, dans beaucoup d’États les grands électeurs sont tenus par la loi de respecter « leur camp » et, historiquement, les votes « déloyaux » sont exceptionnels.

Ces différentes proclamations ont été suivies dans la foulée (le jour même, la 7 novembre) par les félicitations de plusieurs gouvernants toutous des États-Unis comme le suzerain Macron et Jean-Yves Le Drian (France), Angela Merkel (Allemagne), Giuseppe Conte (Italie) ou encore Justin Trudeau (Canada). Dans le même temps, les réactions de Vladimir Poutine (Russie), Jair Bolsonaro (Brésil), Xi Jinping (Chine), se faisaient attendre. On a même au le droit à des médias qui, comme Le Point, estiment dès le 10 novembre qu’il s’agit d’un silence « lourd de sens ». Je dirais plutôt que ce qui est lourd de sens, c’est qu’un journal ose brocarder une information alors non certifiée (élection de Biden) tout en dénonçant le fait que certains chefs d’États ne bronchent pas, alors qu’ils font seulement preuve de prudence, en attendant qu’une information officielle leur parvienne pour réagir. Ou non, d’ailleurs. Et c’est leur droit, tout comme c’est leur droit de choisir de ne pas se fier aux médias qui n’attendent ni la fin du décompte, ni la fin des procédures pour désigner le gagnant. Après tout, pourquoi faudrait-il féliciter quelqu’un pour son élection à la tête d’un autre pays que le nôtre ? Soit ce quelqu’un est un ami, soit il est hiérarchiquement plus haut placé (j’insinue ici que nous, français et européens au travers de nos dirigeants, agissons en vassaux des États-Unis et que la fameuse UE censée faire contrepoids à ces derniers est un argument qui relève de la vaste fumisterie) …

Mais les réactions des différents dirigeants internationaux n’est pas le sujet, qui pourrait faire l’objet d’un article entier.
Revenons alors sur les médias.
Ils ont annoncé un peu tôt que Biden était élu, ce qui sera effectivement bientôt le cas : où est le mal ? Eh bien, au-delà du manque de professionnalisme (ben oui, les journaux auraient rigoureusement dû titrer que Biden était PROBABLEMENT le prochain président des États-Unis, mais pas qu’il était officiellement élu, ce qui n’était absolument pas certifié), c’est l’incroyable partialité dont font preuve nos médias qui est grave. Et qui devrait tous nous alerter.


Deux poids, deux mesures

En effet, le parti pris des médias de s’arrête pas à la proclamation du président qu’ils souhaitent voir élu. Il relève aussi bien du double standard.

Posons-nous une question simple : si la situation avait été l’exact inverse de la situation que nous avons vécue, aurions-nous eu le même traitement médiatique ?

Certains répondrons que oui car les médias sont objectifs. J’invite ceux-là à lire la suite en évitant de s’engluer dans leur biais de confirmation, et à se renseigner plus globalement sur le fonctionnement des médias de masse (voir la conclusion).
D’autres répondront qu’on ne sait pas, et qu’on ne peut pas savoir. Techniquement, c’est vrai. Mais on peut néanmoins émettre des hypothèses en se basant sur le traitement médiatique global vis-à-vis de Trump, pour nous donner un ordre d’idée.
Les derniers répondront que Trump aurait fait l’objet d’une campagne de dénigrement et que des suspicions de fraudes auraient été portées au public de manière crédible. Je fais partie de cette catégorie.

Comment puis-je penser cela ? Essayons de comparer le comparable : les élections de 2016 et celles de 2020.

En 2016, Trump avait reçu moins de suffrages que son adversaire Hillary Clinton, mais avait été élu du fait du système électoral américain, en remportant davantage de grands électeurs. Donald Trump ! L’horreur, quasiment le nazisme : il n’y a qu’à voir le genre de réaction que cela suscite :

Ce qui génère invévitablement ce type de réponse chez moi :

À ce moment-là, avions-nous eu le droit à des titres de type « Trump élu président, Clinton refuse d’accepter sa défaite » ? Non.

En revanche, la victoire de Trump à l’époque « relance les soupçons de fraudes et les critiques du système électoral » d’après Le Monde, tandis que Courrier international moquait Trump en titrant « Trump avait prévenu que ces élections étaient truquées » tout en ayant l’honnêteté de préciser dans l’article qu’il restait défavorable au système électoral américain malgré sa victoire.

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Même Science et Avenir s’en mêle, expliquant en quoi il se pouvait que ces élections soient truquées. Pendant ce temps, Libération se contentait de titrer modestement : « Trump, la victoire d’un projet de haine ». La haine ! Rien que ça. Un projet de haine qui n’est pas passé loin d’être reconduit 4 années supplémentaires (compte-tenu du faible écart de voix dans les États-clés dont je parle plus haut, dans la chronologie des faits). Et qui aurait vu le jour dans le beau et grand pays de la liberté. Étonnant non ? Ah, le rêve américain… la nature se réveille, les oiseaux reviennent, on élit Trump !
Et j’ai gardé le meilleur pour la fin. Une fois n’est pas coutume, il s’agit de… du Monde ! Oui, encore.
Ce journal nous a gratifié en 2016 d’une belle performance en expliquant la veille du scrutin que « le truquage des élections américaines » étaient « un mythe plus qu’une réalité » avant de nous expliquer longuement, 18 jours plus tard (une fois Trump élu, donc), en quoi ces mêmes élections étaient suspicieuses. Pour rendre cette pirouette journalistique plus crédible, la thèse des méchants russes agissant dans l’ombre a même été évoquée. Ah, les russes ! Quand on ne sait plus quoi inventer, on fait appel à leurs supposés projets diaboliques visant à détruire la galaxie pour faire gober n’importe quoi. Le point Godwin du complotisme !

Une image contenant chat, assis, regardant, avant

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Source : Twitter

Mais alors…


Pourquoi tant de haine ?

Pourquoi ce perpétuel deux poids, deux mesures ? Pourquoi lorsque Donald gagne, alors on crie au complot, tandis qu’il est absolument inenvisageable de parler de fraude lorsqu’il perd ?

L’influence est le fondement même des élections. Je ne trouve pas que ce soit une bonne chose, mais c’est ainsi. C’est humain. On trouve effectivement quelques sources qui semblent indiquer une forme d’ingérence. Mais celles-ci sont assez risibles comparativement à l’importance qu’on tente de leur donner. Je vous laisse en juger ci-après.

On parle par exemple de méchants russes qui auraient utilisé Pokémon Go pour faire élire « leur candidat ». Plus récemment, Le Monde, toujours lui, nous assurait que l’ingérence russe était de retour pour la campagne de 2020 ! Avec un nombre de preuves corroborant cette thèse tout à fait proche du QI de Jean Lassalle. C’est pourtant exactement pour cette raison (le manque de preuve) que tous les médias, Le Monde en tête, nous assurent que Trump affabule sur les potentielles fraudes.
Cela n’avait pourtant l’air de déranger personne lorsque Nancy Pelosi, membre du Parti démocrate, déclarait publiquement qu’il n’y avait “aucun doute” quant au fait que l’élection de 2016 avait été truquée :

On parle aussi de quelques milliers de faux comptes sur les réseaux sociaux, dénigrant Hillary Clinton. C’est pourtant monnaie courante lors de campagnes électorales (coucou tous les faux comptes macronistes apparus en masse en 2017), et c’est effectivement critiquable, mais là ça fait tâche parce que ce sont les vilains russes.

Plus grave en revanche, on parle de l’intervention de hackers. On trouvait bon nombre d’articles à ce sujet en 2016, comme dans L’Obs. Miraculeusement, les machines de vote sont devenues très fiables en 2020 puisque, non seulement on trouve très peu d’articles sur le sujets, mais certains comme le Huffpost, archétype du média poubelle, nous informent qu’il s’agit alors carrément de « l’élection la plus sûre de l’histoire des États-Unis » ! De quoi nous clouer le bec ! Parallèlement, cet article nous informe qu’il n’y a cette année aucune preuve de fraude (suggérant donc qu’il n’y en avait aucune), et on trouve très difficilement des médias qui mentionnent le risque de hacking des machines (un article de 20 minutes datant de 2019 en parle).

Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : toutes les informations qui sont données concernant une quelconque ingérence doivent être portées à la connaissance du public. Il conviendrait cependant d’en apporter les preuves et de les vérifier. Mais toutes, ça veut dire toutes. Cela inclut de potentielles fraudes internes. Que dire, par exemple, du don de 400 millions de dollars que fit Mark Zuckerberg (ouvertement pro-démocrate) pour organiser la tenue des élections ? Et pourquoi trouve-t-on si peu d’articles à ce sujet ? Cela ne veut pas dire qu’il y a eu ingérence, mais on est en droit de se poser la question ! Visiblement, cela n’intéresse pas nos médias. Que dire aussi du financement du mouvement Black Lives Matter (qui a sans aucun doute joué un rôle d’influence dans ces élections) par, notamment, George Soros (soutien démocrate et peut-être lié à la candidature de Kamala Harris en tant que vice-présidente) ? Que dire encore, par exemple, de la NBA ? La grande ligue de basket américaine, la plus suivie au monde, a allégrement usé de son influence au travers de ses joueurs, de messages publicitaires, de messages imprimés sur des t-shirts, etc. pour appeler à voter. Évidemment, si on n’appelait pas explicitement à voter Biden, on appelait au changement. Ce qui revient au même.

De tout cela, les médias font fi. Une fois de plus, quand Trump l’emporte, alors il y a un complot russe derrière. Quand il perd, les élections sont les plus sûres de l’histoire, et on passe sous silence tout ce qui pourrait faire penser à une ingérence (pas forcément étrangère, mais éventuellement privée).

Mais avec tout cela, nous n’avons toujours pas répondu à la question : pourquoi tant de haine à l’encontre de Trump ? On l’a même vu être censuré par Twitter et des grandes chaînes de télé américaines (NBC et ABC) !

À vrai dire, je pense que tenter de répondre à cette question relèverait d’un long article. Je me contenterai alors ici de mettre en lumière certains points, de soulever certaines questions. Vous serez parfaitement libre d’en tirer des conclusions. Ou pas.

Je ne m’attarderai pas non sur l’aspect environnemental, ni sur le bilan économique de Trump car il me semble difficile, à mon niveau, d’en juger.
Beaucoup ont fustigé le retrait des États-Unis des accords de Paris sur le climat, quand d’autres critiquent lesdits accords.
Ses résultats économiques paraissent satisfaisants (je pense que sans la crise sanitaire et sa gestion catastrophique, il aurait été réélu sans problème) avec une baisse du chômage, une diminution de la pauvreté, ou encore une amélioration du niveau de vie des minorités (notamment de la communauté afro-américaine), j’estime que trop de paramètres différents entrent en jeu. Voici tout de même de quoi vous faire votre propre avis :

On peut en revanche parler d’un sujet qui devrait, sur le principe, mettre bon nombre de personnes d’accord : la guerre. Contrairement à tous ses prédécesseurs, il n’en a déclenché aucune. Il a par ailleurs retiré des troupes de Syrie (mais pour les redéployer en Irak, avec qui il aurait pu y avoir une escalade véloce). On l’accuse de tensions (commerciales) avec la Chine, ce qui n’a eu absolument aucun impact sur la paix entre les deux pays (et je rappelle que Xi Jinping fait partie des dirigeants mondiaux à ne toujours pas avoir félicité Biden pour sa victoire). Et Donald a même rencontré Kim Jung-Un !

Alors, tout cela ne fait pas de lui un prix Nobel de la paix, nous sommes bien d’accord. Quoique, quand on sait que Barack Obama (largueur de bombes professionnel faisant « la guerre à la paix »), Jimmy Carter (qui soutenait les exactions du Salvador contre la population durant sa présidence), ou encore Henry Kissinger (qui a sciemment piétiné les accords de Paris – et de Genève – sur le Vietnam) l’ont eu… Mais bon il est cool Barack. Il est noir et puis il joue au basket, alors ça passe. Alors que Donald il met du fond de teint orange et est coiffé comme une marionnette du Muppet Show. C’est peut-être un début de réponse à notre question, d’ailleurs ?

Toujours au sujet de la guerre : qui est Joe Biden ? Eh bien l’ex vice-président de Barack Obama serait, d’après Médiapart, « le candidat du complexe militaro-industriel ». De quoi rassurer tous les habitants des pays actuellement ou potentiellement prochainement en guerre avec les États-Unis. Mais, pas de campagne de dénigrement à son encontre ? Mmh, admettons.

Alors, peut-être que la guerre ne fait plus peur ? Ou plutôt, elle ne fait peur qu’à ceux qui sont visés. Parlons d’un sujet d’actualité alors : le racisme.

On peut considérer que Trump est raciste. Ce n’est pas mon cas, mais je le conçois. Mais Biden ne le serait-il pas aussi, compte-tenu de ses prises de position durant la ségrégation (voir aussi cette vidéo ouvertement pro-Trump mais intéressante, le passage sur Biden commence à 9:58).
Il s’est aussi illustré, comme je le disais en introduction, par le fameux (pour ceux qui s’y intéressent, car on ne peut pas dire que cela ait été relayé en masse, ce qui aurait été bien différent si Trump avait dit une telle ineptie) « then you ain’t black ». Le contexte : un afro-américain posait des questions à Biden concernant son programme, notamment vis-à-vis de la communauté noire. Voyant que l’intéressé comptait là-dessus pour se décider, Biden a lâché « si vous avez du mal à savoir si vous êtes pour moi ou Trump, alors vous n’êtes pas noir ! ». Il s’est par la suite excusé, étant donné le bruit que cela commençait à faire outre-Atlantique. Mais n’est-ce pas là une forme de racisme ?

S’agissant de Trump, il est vrai qu’il tient parfois des propos qui choquent. Mais le fait est que ces derniers sont bien souvent sortis de leur contexte et/ou surinterprétés. Pourtant, il n’y a pas besoin de ça pour les critiquer.
On peut parler par exemple de son célèbre « les mexicains sont des violeurs » lors d’un discours prononcé en juin 2015. C’est en tout cas ce qui a été relayé en gros titres dans les médias. Pourtant, la citation exacte et complète est : « Lorsque le Mexique nous envoie des gens, il ne nous envoie pas les meilleurs. Ils ne vous envoient pas vous. Ils ne vous envoient pas vous. Ils envoient des gens qui ont beaucoup de problèmes, et ils amènent leurs problèmes avec eux. Ils amènent de la drogue. Ils amènent du crime. Ce sont des violeurs. Et certains, j’assume, sont de bonnes personnes ». Alors, on peut juger ces allégations comme étant fausses. Mais l’honnêteté oblige à dire, contrairement à ce qui est laissé entendre partout, qu’il n’a donc pas dit que les mexicains étaient des violeurs. Et j’ajouterai même qu’il a partiellement raison. Il a en revanche le tort d’exagérer les faits, et de généraliser plus que nécessaire. Là où Trump a raison, c’est que l’immigration venant du Mexique (mais pas nécessairement des mexicains, on trouve des salvadoriens, des honduriens, des guatémaltèques) joue un rôle dans la criminalité, notamment via le gang MS-13, fort d’environ 10 000 membres au travers des États-Unis. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles il voulait construire son mur à la frontière avec le Mexique. Enfin, construire est un bien grand mot. À en croire les médias, il aurait inventé ce concept de mur. Pourtant, sachez que ce mur a commencé à être construit il y a bien longtemps ! C’est Bush père qui lança sa construction, et chaque président suivant a contribué son extension ! Surprenant, non ? Si on ne s’informe pas en détail et que l’on se contente du flot continu des médias dominants, alors oui.

Cette campagne de dénigrement a atteint des sommets en France avec un article de L’Obs : « 60 bonnes raisons de détester Donald Trump ». Détester, rien que ça. Et la première raison invoquée est « il n’a pas remporté le vote populaire » (traduisez : il a gagné les élections alors qu’il a obtenu moins de voix) ! Et donc ça, ça devrait nous faire détester un mec ? Wow.
Alors bien sûr, dans le lot il y a aussi de bonnes raisons comme des conflits d’intérêt, des transactions financières douteuses, et des comportements indécents. De bonnes raisons de le critiquer, je précise, pas de le détester. Détester. Ne serait-ce pas là que commence la haine ? M’enfin…
On y trouve d’autres raisons quant à elles absurdes ou inexactes ou injustes, comme le fait que « la Russie est intervenue dans son élection » (ben oui, la Russie c’est Belzébuth alors que les États-Unis c’est le Bien avec un grand B), le fait qu’il défende « la torture, ce qui contrevient aux conventions de Genève » (la liste des présidents qui n’ont pas respecté ces conventions, au-delà de simplement en remettre en cause certains principe, est longue), ou encore le fait qu’il « rêve de pouvoir bâtir un mur à la frontière mexicaine » (alors que tous ses prédécesseurs depuis Bush père ont réellement participé à ce projet lorsque cela n’a été qu’une promesse de campagne pour lui).

Bref, cela ne nous aide pas tellement à comprendre les raisons de cet acharnement. Car on parle bien là d’un acharnement. Il est normal qu’il soit critiqué, je le ferais d’ailleurs volontiers si je n’estimais pas qu’il était victime d’une injustice médiatique. Mais ici ça dépasse l’entendement. Même Greta Thunberg, une gamine de 17 piges se permet tranquillement de le railler publiquement. À fortiori, elle a le droit de le faire, et j’estime même que c’est une bonne chose que l’on puisse s’exprimer librement, que l’on s’adresse à Monique la femme de ménage, à François le ministre pourri, à Thierry l’agriculteur, à Bruno le maire, à Momo le chauffeur VTC, à Jean-Eudes le conseiller parlementaire, à Donald le président des USA, ou à René la taupe. Mais le fait est que sa parole est suivie, qu’elle le sait, que ceux qui l’ont mise là le savent (à 17 ans, on ne fait pas un discours à l’ONU par hasard), et qu’elle a quand même osé cette moquerie. Et le souci est que je pense qu’elle ne se permettrait jamais un tel manque de respect envers n’importe quel autre dirigeant actuel. Voilà le problème.

Pour en finir enfin avec cette partie à rallonge, je vous propose deux articles, qui sont des pistes de réflexion.
Le premier nous vient de chez Investig’Action et aide à comprendre les rouages du Trumpisme (son arrivée au pouvoir, sa politique, son impact sur le système).
Le second est un article de RT (les russes, encore eux !), traduit ici par Médiapart et qui propose une explication à cette haine médiatique à l’encontre de Trump. L’introduction est un peu longue, mais elle est importante pour comprendre la conclusion qui m’a semblée intéressante. Pour faire court et grossir le trait : Trump ne serait pas l’ennemi du système (ce qu’il prétend pourtant) au sens où il ne parvient à rien contre lui, mais il permet en revanche (malgré lui ?) de mettre en lumière tous les dysfonctionnements de ce système, que ces prédécesseurs n’auraient fait que masquer hypocritement.


Conclusion

D’abord, je remercie ceux qui ont réussi à me lire jusqu’ici, y compris ceux qui m’ont traité de fasciste raciste complotiste homophobe mangeur de fœtus.

Nous avons vu au travers de cet article, sans réussir à comprendre pourquoi (ce serait prétentieux), comment un type à la personnalité fantasque et hautement critiquable a réussi à devenir l’ennemi public numéro 1, notamment des médias, tout en affichant un bilan politique pas plus mauvais que celui de ses prédécesseurs. Il a des tares. On doit lui imputer des griefs. Tout cela est certain. Mais, dans un pays à la presse libre et indépendante tel que se croit être la France, alors nous devrions voir fleurir des critiques similaires chez tous les autres. Nous ne devrions pas être soumis à la pensée des médias dominants ni à son double standard, qui arrivent de facto à orienter nos opinions. Nous sommes tous manipulables. C’est humain. Mais il faut reconnaître que, de nos jours (était-ce le cas avant aussi ?), on ne nous facilite pas la tâche.

Arrivé là, je veux bien croire que vous doutiez de ma propre impartialité. Et vous auriez raison. Déjà parce j’estime qu’il faut toujours douter, rester critique. Ensuite, parce que l’objet affiché de cet article était de déconstruire certaines fables médiatiques, et de dénoncer l’injustice que subit Trump sur ce point précis.

Je ne suis pourtant pas pro-Trump. C’est bien la propagande des médias qui m’a conduit à écrire cet article. Si ces derniers avaient fait leur boulot correctement, impartialement, objectivement, alors vous n’auriez jamais eu la corvée de lire tout ça. Peut-être même qu’à la place, j’aurais écrit une critique de Trump, qui sait !

Il est alors peut-être pour certains, malgré les quelques exemples que j’ai exposés au long de cet article, difficile de croire que nos médias, à nous, pays de la révolution et de Marianne, puissent être un outil de propagande. Que des journaux comme Le Monde ne soient ni impartiaux ni objectifs.

Là on m’oppose régulièrement une pensée macroniste : « Gneugneu c’est pire ailleurs ! Gneugneu essayez la dictature et vous verrez ! ». Un sophisme classique. Ce n’est pas parce que c’est pire ailleurs (ce qui reste à prouver, à débattre, d’autant qu’on trouve aussi mieux ailleurs) qu’il faut se forcément satisfaire de ce que l’on a. De plus, dans un système dictatorial assumé, on a l’avantage (et bien d’autres inconvénients) de savoir à quoi s’en tenir. Dans un système tel que le nôtre, on a l’impression d’être totalement libre. Mais le sommes-nous vraiment lorsque les médias forment en partie nos opinions ? Il n’est pas nécessairement moins dangereux de vivre dans l’illusion de la liberté.

Je peux comprendre que tout cela vous paraisse trop gros. D’autres sont déjà convaincus que les médias ne font que nous mentir. Dans les deux cas, il est plus difficile (à l’instar de la dernière partie du présent article) d’expliquer pourquoi.

C’est là que je ne peux que vous renvoyer à un ouvrage que j’affectionne tout particulièrement, qui me semble indispensable : Fabriquer un consentement : La gestion politique des médias de masse écrit par Edward Herman et Noam Chomsky en 1988, et remis au goût du jour en 2018 avec une nouvelle traduction par Investig’Action (qui comporte malheureusement plusieurs erreurs de frappe plus ou moins importantes).

Il est à mon sens indispensable. L’inconvénient pour le lecteur français (notamment s’il est jeune) est qu’il traite principalement des médias américains et ce au travers d’évènements historiques des années 60-70-80 (guerres d’Indochine, attentat contre le Pape, élections en Amérique centrale). Il requiert donc quelques connaissances basiques sur ces sujets (que je n’avais pas mais il m’a fallu peu de temps pour les surmonter).
Ce livre permet de comprendre les mécanismes qui régissent les médias : comment sont filtrées et sélectionnées les informations, comment sont fabriquées de fausses informations, à quelles fins et comment la vérité est tordue et manipulée, d’où vient le double standard auquel on assiste quotidiennement, etc.
Et le parallèle avec nos médias français est évident, tout devient limpide.

Petit instant pub (ça ressemble à un placement de produit, mais non) : il est assez peu probable que vous trouviez cet ouvrage chez le libraire du coin. Vous le procurer ici, ou bien directement chez Investig’Action. Dans le premier cas, vous me soutiendrez indirectement puisque je touche une petite commission si vous suivez mon lien. Dans le second cas, vous soutiendrez directement Investig’Action (collectif avec lequel je n’ai aucun lien).

Une image contenant texte

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Pour conclure, je ne peux que vous recommander de diversifier au maximum vos sources d’informations (sans boycotter complètement les médias dominants pour autant), afin d’éviter ce genre de choses :

Et, plus que jamais, faites preuve d’esprit critique.

Que la force soit avec vous.


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Florilège de mèmes que je n’ai pas réussi à caler dans l’article, pour détendre un peu l’atmosphère.
Source : NDKAA.


Sources

Liste non exhaustive (à laquelle il faut ajouter tous les liens cliquables disséminés tout au long de l’article) :

Les élections américaines par la presse française

La liste des supposées fraudes répertoriées par Trump France

États-Unis : 32 infos capitales sur la fraude électorale

Un recomptage sous haute tension à Atlanta

L’empressement très révélateur des félicitations à Joe Biden

Le Dalaï-lama salue à son tour Joe Biden

Mark Zuckerberg finance l’organisation des élections

Les milliardaires soutiennent le mouvement BLM

Le Zoom d’Edouard Husson sur TVL

Révélations sur la stratégie de Trump pour être réélu

États-Unis : les fraudes électorales, spécialité des démocrates !

Élections américaines en temps réel

Le Répurgateur

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